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Les travaux du Conseil national de l’Union des Forces de Changement ouverts le samedi 03 Février 2007 dans les locaux de l’Eglise Christ Rédempteur sur le thème « Mobilisation pour le véritable changement » ont pris fin le dimanche 04 Février 2007 en début d’après-midi, sur une note de satisfaction de ses militants, «désormais prêts à affronter les prochaines échéances électorales prévues pour Juin 2007.»

            Au cours de la cérémonie de clôture des résolutions et recommandations contenues dans le Rapport général ainsi que le rapport moral des travaux ont été présentés par le Secrétaire général de l’UFC M. Jean-Pierre Fabre.

Une mention spéciale a été faite à l'endroit du leader principale du parti, M. Gilchrist Olympio qui, encore une fois a été reconduit dans son rôle de Président national de l’Union des forces de changement, de même que son 1er vice-président, M. Emmanuel Bob Akitani actuellement en convalescence à Paris.

Par ailleurs, le Conseil a pris des dispositions pour «contrecarrer toute mesure discriminatoire du pouvoir lors des législatives prochaines.» Le Rapport général a tenu compte également des questions de politiques nationale et internationale, de la vie de la fédération nationale et internationale du parti, de ses structures, organes, des moyens d’action institutionnels ainsi que des élections à venir.

Au terme de ce deuxième Conseil national de l’UFC, le président national de l’UFC, M. Gilchrist Olympio a entretenu la presse sur des questions d’actualité. Il a notamment donné des éclaircissements sur certaines zones d’ombre, à savoir : le cas de son 2e vice-président, M. Amah Gnassingbé, actuel ministre d’Etat, sa sécurité au Togo, les relations de l'UFC avec les autres partis de l’opposition démocratique à savoir le CAR et la CDPA, de même que la position de son parti après la modification de l’article 52 alinéa 1er  de la Constitution togolaise et l’adoption du code électoral par l’assemblée nationale …

Au sujet d'Amah Gnasingbé, le leader de l'UFC a dit exactement ceci : «Amah Gnassingbé est pour le moment suspendu de notre parti. Ce que nous avons dit à Amah Gnassingbé est que, comme il a pris une décision contraire à celle du parti, il ne peut être ministre dans ce gouvernement qu’à titre personnel. Le départ de Amah Gnassingbé n’a pas d’impact particulier sur le parti. Mais nous lui laissons le choix de revenir au bercail. Vous savez en politique, il y a des gens qui sont importants mais personne n’est indispensable.»

Juste après la conférence de presse, M. Gilchrist Olympio a animé un grand meeting populaire à la place Fréau Jardin devenue Place Anani Santos aux environs de 16h TU devant une foule nombreuse venue pour l’écouter.

Signalons que le Président national de l’UFC, M. Gilchrist Olympio poursuit son séjour à Lomé pour une semaine où il se rendra successivement à Atakpamé,  Anèho, Sokodé pour témoigner ses soutiens aux familles des victimes lors de la Présidentielle douloureuse d’Avril 2005. Il rencontrera également les différents responsables des fédérations du parti, et aussi, des responsables de la Société Civile, des opérateurs économiques de même que des Corps diplomates accrédités au Togo.

Lire l’intégralité du Rapport général qui a sanctionné les travaux de ce 2ème Conseil national de l’UFC
Voici quelques questions et réponses récueillies au cours de la conférence de presse de Monsieur Olympio..

En acceptant le poste de Premier ministre, Me AGBOYIBO était conscient de la nature du pouvoir togolais. L’Accord Politique Global signé par les acteurs politiques togolais n’ayant pas mis la Constitution sous éteignoir, la nomination d’un Premier ministre au sein de l’opposition résultait tout simplement d’un arrangement politique. Et si le Premier ministre peine à prendre ses marques, c’est qu’il est conscient des limites de ses charges.

En tant que juriste il sait très bien que la constitution actuelle (issue du toilettage) à ne pas confondre avec l’originelle de septembre 1992 ne confère fondamentalement aucun pouvoir au Premier ministre. Il travaille sous l’autorité du chef de l’Etat mais quand ça tourne mal c’est lui qui ramasse les pots cassés. Pour respecter l’esprit même du «toilettage», il aurait fallu supprimer le poste de Premier Ministre qui n’est plus qu’une coquille vide et qui ne mérite pas tant de convoitises. On aura remarqué que les actes concrets que pose le Premier ministre se limitent aux discours à l’occasion des colloques et séminaires.

Il est donc clair que Me AGBOYIBO ne peut gérer un pouvoir que la constitution ne lui confère pas sauf à vouloir marcher sur cette constitution et engager ainsi un bras de fer avec le chef de l’Etat. Encore faut-il qu’il ait les moyens pour le faire.

En s’inspirant du cas Koffigoh, il sait que ceux qui lui demandent de s’octroyer une réelle autorité et ainsi d’ouvrir une nouvelle crise seront les premiers à prendre la poudre d’escampette quand ça va péter Togolaiserie aidant, ceux qui lui demandent de défier le pouvoir RPT seront les mêmes à le lui reprocher après coup. Au lendemain de la Conférence Nationale Souveraine, le Premier Ministre de la transition, fort de l’enthousiasme populaire était couvert par l’Acte 7 Loi fondamentale organisant la période transitoire qui faisait théoriquement du chef de l’Etat un inaugurateur de chrysanthèmes. Koffigoh qui était sur papier le chef de l’exécutif et ministre de la défense a été poussé par ses amis de l’opposition à affronter sans aucun moyen l’armée prétorienne du Général Président mais au premier coup de fusil d’un « incontrôlé » il a été abandonné à son triste sort. Lorsque son Palais a été pris d’assaut par l’Armée  restée fidèle à son «créateur» le 03 décembre 1991, ceux qui l’encourageaient à engager le bras de fer avec Eyadema avaient pris leur jambe au cou après avoir dissout le RPT. Cela ne les a pas empêché de l’accuser de trahison malgré tout ce qu’il a subi.

Son successeur Edem Kodjo, qui en vertu de la constitution avait engagé une bataille juridique contre la Présidence sur le contrôle de la commission des marchés avait été poussé à la sortie et remplacé par Kwassi Klutsè. C’est dire que dans un pays où le pouvoir est au bout du fusil, on ne s’y aventure pas impunément.

Me AGBOYIBO qui a hérité du poste de Premier Ministre vidé de son contenu par le toilettage constitutionnel, n’a aucune autorité sur les forces de sécurité et encore moins l’armée contrôlées par Kpatcha Gnassingbé. Il ne bénéficie pas non plus de l’enthousiasme populaire, les Togolais étant devenus indifférents à la chose politique. Qui plus est, l’attitude adoptée par l’UFC à la suite de sa nomination ne l’arrange pas.

Pour provoquer un choc politique, il faut s’assurer qu’on dispose des moyens pour faire face aux conséquences du choc. Apparemment, Me Agboyibo n’en a pas. De plus le Premier Ministre n’est pas le genre d’homme à porter des gants lorsqu’il est attaqué. En tout cas, il n’affectionne pas la violence. C’est ici que la méthode d’action du Bélier Noir prend son sens. Faure aurait nommé un Premier Ministre au sein de l’UFC que le Togo sombrerait dans une nouvelle crise avec un Premier Ministre contestataire fidèle aux ministres de son parti et qui auraient la liberté d’opérer avec de fortes chances que les conseils de ministres se terminent par des combat de Kung-Fu. Or, si pour parler comme Karl Marx entre deux forces, la force seule peut décider, les rebelles intergouvernementaux se verront tout simplement limogés. Ceux qui donc espèrent que Me Agboyibo décide un beau matin d’exécuter une danse endiablée le couteau entre les dents en plein conseil des Ministres attendront longtemps. Mais le refus par Me Agboyibo d’aller vers l’affrontement est-il perçu comme une faiblesse à exploiter pour l’écraser ?

Interrogé sur le processus de normalisation de la situation politique au Togo, Me Agboyibo a déclaré le 29 décembre dernier dans la capitale nigérienne que « le processus est dynamique, il est en cours et nous essayons de tous les côtés de faire en sorte qu’il aille dans un bon sens. Nous sommes deux parties animées d’un même souci, sortir le Togo de l’impasse et quels que soient nos différends, nous avons l’obligation d’harmoniser nos positions et d’aller de l’avant ».

Au-delà de ce langage apaisant et rassurant, on parle de plus en plus d’anicroches entre le Premier ministre et des ministres fidèles au chef de l’Etat. On raconte même qu’il y a quelques semaines, il aurait été proprement sermonné par un collaborateur du chef de l’Etat lorsqu’il a réagi par écrit à un acte posé par un de ses ministres à son insu.

Il est vrai que par souci du politiquement correct, Me Agboyibo n’exhibera pas ses états d’âme quels que soient les malentendus qui surviennent entre les fidèles du Président et lui. Le leader du CAR est assez carapacé pour supporter tout ce qui lui tombe dessus. Mais son insensibilité apparente face aux provocations cache sa nature imprévisible. Cet acrobate politique hors pair et qui a l’art de se retrouver là où on l’attend le moins peut surprendre à tout moment. S’il n’est pas prêt de jeter l’éponge malgré toutes les humiliations, c’est qu’il a un intérêt à rester car même symboliquement, le Poste de Premier Ministre - version constitution toilettée - n’en demeure pas moins stratégique en perspective des prochaines élections.